Concert

21ème Festival de Pâques de Deauville

du 15 au 30 avril 2017

En 1997, quatre jeunes solistes – Renaud Capuçon, Jérôme Pernoo, Nicholas Angelich et Jérôme Ducros -  fondaient le festival de Pâques de Deauville avec Yves Petit de Voize et le parrainage spontané de Maria João Pires, d’Augustin Dumay et d’Emmanuel Krivine. Dans l’écrin idéal de la salle Elie de Brignac (célèbre pour ses ventes de pur-sang) ils invitèrent à les rejoindre tout ce que la France comptait de jeunes musiciens de chambre doués et ambitieux. Du trio à l’orchestre et de la musique baroque à celle de notre époque, une centaine de jeunes instrumentistes et d’ensembles se retrouvent toujours chaque printemps à Deauville dans le même esprit d’amitié et de partage qui prévalait il y a vingt ans. Des carrières s’y sont révélées, des vocations affirmées et des ensembles s’y sont formés comme Le Cercle de l’Harmonie de Jérémie Rhorer.  « Incubateur de talents, lieu unique de rencontres et d’expérimentations » (La Tribune), le festival de Pâques de Deauville réunit toujours « tout ce qui naît ou s’affirme, avec une conception large du répertoire » (Le Monde).

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samedi 22 avril 2017

Ce programme centré sur le clavier permet d'en suivre les métamorphoses au XVIIIe siècle. Il réunit le clavecin et le pianoforte, instruments que pratique avec un égal bonheur Justin Taylor. Rappelons, si besoin est, que le clavecin fait naître le son en grattant la corde, métallique, par un bec ou plectre en plume, en cuir ou, de nos jours, en plastique. Le pianoforte, ancêtre du piano moderne, dispose de marteaux en bois qui frappent les cordes. Cet instrument présente une sonorité plus douce, plus claire, plus fragile diront certains, que son cousin contemporain.

Né à une période où clavecin et pianoforte se côtoyaient, Mozart choisit le premier dans certaines pièces de jeunesse, comme les sonates pour violon annoncées comme « sonates pour le clavecin qui peuvent se jouer avec l'accompagnement de violon ». La sonate K. 264 se destine en revanche au pianoforte et date du début de l'année 1775. Mozart séjourne alors à Munich où vient d'être créé son opéra La finta giardiniera. Un solide allegro s'ouvre par un accord arpégé suivi de doubles croches ascendantes qui lui donne une force quasi orchestrale. Lui répond une seconde idée, plus lyrique, soutenue par une batterie de notes à la main gauche. Le deuxième mouvement, appelé rondo en polonaise, fait donc alterner un refrain qui ne réapparaît jamais exactement à l'identique et plusieurs couplets. La transformation domine également le finale puisque Mozart fait se succéder un thème et pas moins de douze variations. L'énoncé relève de la pure magie mozartienne : il semble en effet d'une désarmante simplicité mais se montre d'une grâce insigne. Triolets, croisements de mains, octaves et syncopes participent à l'édification d'une puissante architecture.