Concert

23e Festival de Pâques de Deauville

du 20 avril au 4 mai 2019

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samedi 27 avril 2019

Ludwig van Beethoven

Sept variations pour violoncelle et piano en mi bémol majeur sur « Bei Männern, welche Liebe fühlen » de La Flûte enchantée WoO 46


En 1795, Ludwig van Beethoven décide d’ouvrir officiellement le catalogue de ses oeuvres, publiant Trois trios pour piano, violon et violoncelle opus 1. La même année, il se lance dans l’écriture de ses premières sonates pour violoncelle et piano. L’intention est plus originale qu’il n’y paraît : avant lui, aucun compositeur notable n’a tenté de réunir ainsi le piano et un instrument habituellement cantonné à la ligne de basse. De cette période viennoise datent également plusieurs cycles de variations pour les deux instruments, dont les Sept variations WoO 46. Beethoven les échafaude sur un thème de La Flûte enchantée. « Nous voulons chanter la joie de

l’amour, nous vivons par l’amour seulement », déclarent Pamina et Papageno. À la façon des personnages mozartiens, le piano et le violoncelle ne cessent de converser aimablement pendant l’oeuvre, non sans virtuosité : des figures ornementales se multiplient dans les deux premières variations. Dotée d’un accompagnement fluide en notes répétées, la troisième infléchit le caractère général vers le lyrisme. Conformément aux usages, la variation centrale bascule brusquement dans un mode mineur sombre ; Beethoven exploite pour l’occasion le registre grave du violoncelle. Le reste ne sera que contrastes : le tempo prend brutalement de la vitesse dans des arpèges véloces (variation 5) avant une parenthèse contemplative (variation 6, Adagio). Après une septième variation dansante, le duo s’écarte de la structure régulière de l’oeuvre dans la coda. Pleine d’humour, la conclusion indécise montre l’influence forte de Haydn sur le jeune Beethoven.


Ludwig van Beethoven Sonate pour violon et piano n° 10 en sol majeur opus 96


L’année 1812 est synonyme d’intense activité pour Beethoven dont la réputation est désormais

solidement établie : sa Sonate n° 10 pour violon et piano suit de peu sa Symphonie n° 8. De même que celle-ci marquait par certains aspects un retour à l’esprit de Haydn, la dernière sonate beethovénienne délaisse les tumultes révolutionnaires de son aînée « à Kreutzer » pour réconcilier le compositeur avec ses maîtres viennois. L’oeuvre frappe par son caractère lumineux, l’équilibre élégant de ses formes, le discours galant entre les deux instruments. Mais elle regorge également de discrètes audaces. Loin des élans classiques, l’Allegro initial est canalisé, moderato, dans un

souple balancement de menuet. Le second thème apporte son lot de contrastes, avec violon sautillant et mélodie guillerette. L’Adagio espressivo s’ouvre ensuite sur un choral recueilli. Le violon tisse une mélodie très tendre, ponctuée de syncopes émues. La ligne semble hésiter, laissant le violon seul au détour du chemin harmonique. Empreinte d’une grande nostalgie, l’ultime section semble ne pas vouloir s’achever… puis s’empresse de bifurquer vers le scherzo. Vif et bref, celui-ci s’avère typiquement beethovénien avec ses accents qui déstabilisent les appuis de la mesure. Au centre du mouvement, un trio dolce s’échappe dans une danse aérienne. Beethoven ne conclut pas sur un rondo avec refrain endiablé, préférant une simple

chansonnette qu’il s’empresse d’enrichir de variations génialement contrastées. Après un

adagio en apesanteur, les surprises se multiplient : retour de la chanson aussitôt interrompue,

silences brusques, fugue audacieuse… On croit arriver au bouquet final mais un ultime pied de nez retarde le presto conclusif.


Ludwig van Beethoven

Trio pour piano et cordes n° 7 en si bémol majeur « À l’Archiduc » opus 97


S’il suit la Sonate n° 10 dans le catalogue du compositeur, le Trio n° 7 « à l’Archiduc » a été

composé en réalité quelques mois auparavant. Dédicacée à l’archiduc Rodolphe, mécène,

élève et ami de Beethoven, l’oeuvre est unanimement reconnue comme le sommet beethovénien

du genre. Le premier mouvement annonce la couleur, avec des transitions et développements d’une richesse et d’une densité impressionnantes. Une mélodie majestueuse est lancée au piano

avant d’être reprise par l’ensemble du trio. Léger et insouciant, le second thème précède une phase expérimentale qui élabore des combinaisons de timbres inouïes : des pizzicati mystérieux sont ponctués de trilles fantastiques dans le registre suraigu du piano. Le retour de la mélodie principale apporte un véritable soulagement et la conclusion couronne un trio triomphal.

Un air pétillant ouvre le scherzo qui suit. Au centre de ce deuxième mouvement, le trio fait entendre une fugue austère au chromatisme grinçant. Celle-ci débouche soudainement sur une valse aussi intempestive que brève. Le scherzo revient sur ses pas pour conclure,

même si le motif chromatique vient perturber la cadence finale. L’Andante cantabile ouvre une parenthèse rayonnante. Le piano discute sereinement avec les instruments à archet dans un thème qui subit une série de variations denses, volontiers virtuoses. L’habileté du pianiste est particulièrement sollicitée, rappelant celle de Beethoven, lui-même au clavier lors de la première exécution de la pièce en 1814. Une transition mène au finale. Avec les accents rustiques

de son refrain et ses traits soudainement véloces, le mouvement fournit une apothéose

enjouée à l’oeuvre. Le délirant presto conclusif amène le trio à un niveau d’effervescence rarement atteint dans l’histoire du genre.

Programme

Ludwig van Beethoven (1770-1827) , Sept variations sur « Bei Männern, welche Liebe fühlen » de La flûte enchantée pour violoncelle et piano WoO 46

23e Festival de Pâques de Deauville - du 20 avril au 4 mai 2019 Yan Levionnois Violoncelle , Nicholas Angelich piano
Sept variations pour violoncelle et piano en mi bémol majeur sur « Bei Männern, welche Liebe fühlen » de La Flûte enchantée WoO 46

Ludwig van Beethoven (1770-1827) , Sonate pour violon et piano n°10 opus 96

23e Festival de Pâques de Deauville - du 20 avril au 4 mai 2019 Pierre Fouchenneret Violon , Nicholas Angelich piano ,

Ludwig van Beethoven (1770-1827) , Trio pour piano et cordes n°7 « À l’Archiduc » opus 97

23e Festival de Pâques de Deauville - du 20 avril au 4 mai 2019 Pierre Fouchenneret Violon , Yan Levionnois Violoncelle , Nicholas Angelich piano ,
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