Compositeur

Richard Strauss
1864 - 1949

Avec Salome (1905) et Elektra (1909), Richard Strauss entame le vingtième siècle à l’avant-poste de la modernité. Quarante ans plus tard, c’est un homme dépassé par la marche du monde qui signe d’ultimes opus complètement hors du temps avec les Métamorphoses et les Quatre dernier lieder. La remarquable longévité du compositeur explique bien sûr ce phénomène, mais il est clair qu’après les œuvres crues et cruelles du début du siècle, Strauss aura recherché à réaliser (tout seul !) une sorte de synthèse musicale entre baroque, classicisme et romantisme : son Chevalier à la Rose, par exemple, regarde aussi bien du côté des Noces de Figaro de Mozart que de celui des valses viennoises de la famille Strauss (aucun lien de parenté, soit dit en passant). Incroyablement doué, doté d’un métier des plus solides, le jeune Richard, fils d’un corniste de l’orchestre de Munich, connaît une ascension rapide. A vingt ans, c’est un compositeur déjà sûr de son fait qui devient chef d’orchestre à Meiningen grâce à l’entremise d’Hans von Bulöw : son catalogue est en effet bien fourni avec notamment une Sonate pour violoncelle et piano, une Symphonie en fa mineur ou une Suite pour instruments à vent. Bientôt nommé à l’opéra de Munich, Strauss va alors concentrer l’essentiel de son énergie dans le domaine du poème symphonique, redonnant un coup de fouet à un genre quelque peu sommeil en territoire germanique depuis sa mise au point par Liszt dans les années 1850 à Weimar. En une dizaine d’années naissent ainsi successivement Don Juan, Macbeth, Mort et transfiguration, Till l'Espiègle, Ainsi parlait Zarathoustra, Don Quichotte, Une vie de héros, série glorieuse qui fait encore les beaux jours des orchestres du monde entier. Bien évidemment, Strauss, qui épouse en 1894 la soprano Pauline de Ahna, est attiré par l’opéra mais Guntram et Feuersnot, ses deux premières tentatives, ne rencontrent pas le succès escompté. Il faudra tout le scandale de Salome pour lancer véritablement la carrière de notre musicien sur les planches. Décisive aussi sera sa rencontre avec l’écrivain Hugo von Hofmannstahl, qui signe le livret d’Elektra, Le Chevalier à la rose, Ariane à Naxos, La femme sans ombre, Hélène d’Egypte et Arabella. La disparition de son cher librettiste en 1929 laisse Strauss désemparé. Il pense avoir trouvé un remplaçant à sa mesure avec Stefan Zweig, mais le travail commencé sur La Femme silencieuse est bien évidemment perturbé par l’arrivée au pouvoir du parti nazi : le nom du librettiste disparait rapidement de l’affiche et Strauss, dont les petits enfants sont juifs par sa belle-fille Alice, doit rapidement démissionner de son poste de directeur de la musique du Reich. A l’exception de quelques apparitions officielles, Strauss passe le plus clair de son temps à composer dans sa villa de Garmisch. Friedenstag, Daphné, L'Amour de Danaé et Capriccio, ses derniers opéras, naissent en ces temps troublés. L’époque est sombre, mais les œuvres du vieux musicien baignent alors dans une lumière toute mozartienne, que ce soient les deux Sonatines pour instruments à vent ou le 2e Concerto pour cor. Inquiété à la Libération, profondément affecté par les événements, il doit quitter un pays ravagé par les bombardements et s’installe en Suisse où il écrit encore le Double concertino pour clarinette et basson et les fameux Quatre dernier Lieder. Autorisé à rentrer à Garmisch, il s’y éteint paisiblement en 1949 à l’âge de 85 ans.

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