Compositeur

Bedrich Smetana
1824 - 1884

En voilà un qui mérite bien son surnom de le « père de la musique tchèque » ! Introduisant de nombreux éléments folkloriques, écrivant des opéras entiers dans sa langue maternelle ou encore fondateur d’écoles de musique, Bedrich Smetana a influencé directement toute une génération de compositeurs, et notamment Dvorak. Issu d’un milieu modeste, le petit Smetana se fait rapidement remarquer par d’étonnantes prédispositions musicales, et il ne tarde pas à rejoindre Prague pour compléter sa formation. Il compose d’abord beaucoup pour le piano et sollicite même Liszt qui l’aide à publier ses Pièces caractéristiques opus 1, au moment où le Printemps des Peuples bat son plein. Smetana fonde alors sa propre école de piano, fréquenté aussi bien par les nationalistes tchèques que par les mélomanes. Malgré le soutien de l’empereur Ferdinand (ce dernier abdiquant en 1848 au profit de François Joseph), ces premières années de la décennie 1850 sont assombries par des déceptions professionnelles et des drames personnelles (il compose ainsi son grand Trio avec piano en hommage à son fille Gabriela tout juste disparue). Fuyant un climat devenu hostile, Smetana s’installe à Göteborg entre 1856 et 1863, non sans faire des visites régulières à Liszt à Weimar, qui  le soutient toujours activement. De retour à Prague, il se consacre désormais pleinement à l’opéra, et à un opéra spécifiquement tchèque avec des titres comme Les Brandebourgeois en Bohême, Les deux Veuves, Dalibor, et bien sûr La Fiancée vendue, son ouvrage le plus connu. A partir de 1874, les ravages d’une surdité provoquée due à la syphilis se font de plus en plus cruellement sentir, et Smetana doit abandonner ses activités officielles pour ne plus se consacrer qu’à la composition. C’est durant cette période douloureuse que naissent paradoxalement les plus grands chefs-d’œuvre de Smetana, comme son cycle de six poèmes symphoniques intitulé Ma Patrie que l’on réduit malheureusement trop souvent à la seule et fameuse Moldau, qui en constitue la deuxième partie, ou deux quatuors à cordes, dont le premier sous-titré De ma vie évoque sans fard le drame de la surdité. Sa santé mentale déclinant autant que sa santé physique, Smetana est interné en 1883 avant de décéder l’année suivante.


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Trio pour violon, violoncelle et piano en sol mineur opus 15

15ème Août musical de Deauville, vendredi 05 août 2016 Amaury Coeytaux Violon , Bruno Philippe Violoncelle , Ismaël Margain piano ,