Compositeur

Florent Schmitt
1870 - 1958

Surnommé le « sanglier des Ardennes » du fait de ses origines de Meurthe-et-Moselle, Florent Schmitt a longtemps été considéré à l’égal de ses contemporains Albert Roussel ou Maurice Ravel, avec qui il co-fonde en 1909 la Société musicale indépendante. Après ses études musicales au Conservatoire de Paris sous la direction de Massenet et Fauré, il se rapproche de l’élite musicale française et notamment de Debussy et Satie, avec qui il partage le goût du calembour et des compositions humoristiques. Après quatre échecs, sa cantate Sémiramis lui fait gagner le prix de Rome en 1900. S’ensuit un long voyage en Europe et au Moyen-Orient au retour duquel il compose plusieurs œuvres importantes, telles que son Quintette pour piano et cordes (1908) et son Psaume XLVII pour soprano, chœur, orgue et orchestre considéré comme un événement par la critique lors de sa création en 1906, ou encore son ballet La Tragédie de Salomé (1907). Dans ces œuvres, il fait preuve d’une forte personnalité et d’un style difficile à relier à aucune école ou influence contemporaine, mais caractérisé par une écriture passionnée, à la construction complexe et l’orchestration massive. La solide réputation qu’il se crée alors ne durera pas longtemps : compositeur mais aussi critique musical acerbe, son admiration pour l’Allemagne se poursuit au cours des années 1930 et ses positions sont relayées par la presse antisémite, notamment le « Vive Hitler ! » qu’il crie lors d’un concert parisien de Kurt Weil en 1933. Nommé membre de l’Académie des Beaux-Arts en 1936, ses opinions politiques ne l’empêchent pas d’être considéré par beaucoup comme le plus grand compositeur français vivant lorsque la guerre éclate. Il intègre le Groupe Collaboration en 1941, où il rejoint d’autres artistes sympathisants du régime nazi, parmi lesquels Drieu la Rochelle et Abel Bonnard. A la Libération, des poursuites judiciaires sont engagées contre lui par le Comité d’épuration qui lui interdit d’éditer ou de faire jouer ses œuvres pendant un an. Il trouve au Festival de Strasbourg un lieu de création privilégié pour les dernières années de sa vie, de 1948 (première exécution de son très romantique Quatuor à cordes) à 1958 (création de sa Deuxième Symphonie).