Compositeur

Ernest Chausson
1855 - 1899

La carrière musicale d’Ernest Chausson fut plutôt longue à se dessiner. Dans le milieu bourgeois dont il est issu, difficile en effet de faire accepter au père du jeune Ernest que son fils (très vite unique qui plus est…) embrasse une carrière musicale. Tout en fréquentant les cénacles littéraires et artistiques, notamment le salon de Madame Saint-Cyr de Rayssac, Chausson fait donc son droit, jusqu’à prêter serment en 1877. Une fois son diplôme d’avocat en poche, maître Chausson pourtant ne plaide guère, et ne se précipite que plus avant vers ce rêve musical qui l’attire. A vingt-quatre ans, il entre enfin au conservatoire (à l’âge où tant d’autres en sortent…) et suit les cours de la classe de composition de Massenet. Si les encouragements de Franck et les étés passés à se wagnériser à Bayreuth ne peuvent le consoler d’un échec au prix de Rome, Chausson produit pourtant dès ses premiers essais des œuvres profondément originales, que ce soit dans ses nombreuses mélodies sur des poèmes de Gautier, Leconte de Lisle ou de son ami Maurice Bouchor, ou dans son Trio avec piano, l’un des plus réussis de tout le répertoire chambriste français. Entre mélodie étirée à l’infini et raffinement harmonique, son style s’affirme, et le musicien trouve dans les légendes de la table ronde une source d’inspiration qui font véritablement de lui le Wagner français : son poème symphonique Viviane tout d’abord, puis surtout Le Roi Arthus, un drame lyrique dont la composition l’occupera pendant près de dix ans et qu’il ne verra jamais représenté de son vivant. Le véritable tournant pour Chausson se situe en 1886, au moment de sa nomination comme secrétaire de la Société Nationale de Musique : tenant salon, ami des artistes, il cherche à se débarrasser d’une image de dilettante qui lui colle à la peau et compose des pages marquantes dans tous les domaines : côté orchestre, son unique Symphonie opus 20 suit de très peu celle de César Franck et son Poème pour violon et orchestre va complètement à l’encontre des habituelles boursouflures narcissiques liées au genre concertant ; en musique de chambre, il tente un format inédit avec le Concert pour piano, violon et quatuor, et y réussit la synthèse entre les univers apparemment inconciliables de Franck et Fauré ; en musique vocale enfin, à l’exemple de Mahler, il fusionne les genres du lied et de la symphonie dans le Poème de l’amour et de la mer. Que serait-il advenu sans ce stupide accident de bicyclette qui emporte brutalement le compositeur à l’âge de quarante-quatre ans ? Impossible à dire… Reste qu’il aura atteint dans ses dernières œuvres achevées (son Quatuor avec piano, poignant et plein de vie, ou la Chanson perpétuelle pour voix, piano et quatuor, véritable suspension du temps) une perfection que bien d’autres musiciens peuvent à jamais lui envier.

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Chanson perpétuelle pour voix, quatuor à cordes et piano opus 37

23e Festival de Pâques de Deauville, vendredi 03 mai 2019 Ambroisine Bré Mezzo-soprano , Théo Fouchenneret piano , Quatuor Hanson ensemble
Chanson perpétuelle pour voix, quatuor à cordes et piano opus 37

Concert pour violon, quatuor à cordes et piano en ré majeur opus 21 (1892)

17ème Août musical de Deauville, vendredi 10 août 2018 Pierre Fouchenneret Violon , Théo Fouchenneret piano , Quatuor Girard ensemble ,

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19e Festival de Pâques de Deauville , jeudi 23 avril 2015 Irina de Baghy Mezzo-soprano , Guillaume Bellom piano , Quatuor Girard ensemble

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12e Août musical de Deauville , mercredi 31 juillet 2013 Alexandra Soumm Violon , Guillaume Vincent piano , Quatuor Girard ensemble ,

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