Compositeur

Emmanuel Chabrier
1841 - 1894

Gaie, colorée, drôle, vive, spirituelle, la musique d’Emmanuel Chabrier réussit le pari de réjouir les cœurs sans jamais tomber dans la facilité. Le musicien a pourtant pris son temps avant de choisir véritablement sa voie, puisqu’il travaillera une vingtaine d’années au ministère de l’Intérieur avant de se consacrer exclusivement à la musique en 1880. Il fréquentait pourtant bien avant cette date les milieux musicaux et artistiques du Paris du Second Empire et de la Troisième République. Il est ainsi lié aussi bien à Saint-Saëns, Massenet, d’Indy, Manet qu’aux poètes parnassiens (Verlaine et Catulle Mendès lui écrivent d’ailleurs les livrets de ses opéras). L’Etoile en 1877 et Une éducation manquée deux ans plus tard marquent une première étape dans la reconnaissance du musicien, mais le véritable choc se produit en 1881 grâce à ses Pièces Pittoresques pour piano, chef d’œuvre de rythme et d’éloquence qui fait dire à César Franck que Chabrier est l’héritier des Couperin ou Rameau. En 1882, après quatre mois passés en Espagne, il rapporte dans ses bagages le matériel d’une rhapsodie pour orchestre, Espana, dont l’orchestration sera un miracle de lumière et de raffinement, confirmant l’adaptation réussie de certaines Pièces pittoresques dans la bien-nommée Suite pastorale. Cette décennie 1880 est vraiment celle de Chabrier, puisqu’il livre aussi les entraînantes Valses romantiques pour deux pianos, bientôt suivies des irrévérencieux Souvenirs de Munich, fantaisie d’après des thèmes de Wagner qui règle son sort au maître de Bayreuth (que Chabrier appréciait pourtant, mais sans tomber dans la wagnerolatrie). A l’opéra en revanche, Gwendoline et Le Roi malgré lui ne rencontrent pas le succès qu’ils méritent. Au début des années 1890, sa santé se dégrade fortement, occasionnant des pertes de mémoire et des crises de paralysie. Il achève sa Bourrée fantasque pour piano, mais ne parvient pas à en terminer l’orchestration, et son grand opéra Briséis ne pourra pas non plus voir le jour. Il s’éteint en 1894, laissant une œuvre faite d’équilibre et de clarté qui exercera une profonde influence sur Ravel, Satie ou Poulenc.

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