Compositeur

Elliott Carter
1908 - 2012

Disparu il y a peu à l’âge de 103 ans, Elliott Carter fut pendant longtemps le doyen des compositeurs en activité. Si le milieu bourgeois dont il est issu ne le prédestinait guère à une telle carrière, la rencontre à seize ans du jeune Carter avec Charles Ives va s’avérer décisive dans l’affermissement de sa vocation. L’avant-garde musicale le passionne, mais c’est d’abord vers la littérature, la philosophie et les mathématiques qu’il se tourne durant ses premières années d’étude à Harvard. Il y suivra plus tard les cours de Walter Piston et Gustav Holst avant de s’envoler en 1932 pour la France parfaire sa formation auprès de Nadia  Boulanger. De retour aux Etats-Unis, il compose ses premières œuvres importantes, notamment dans le domaine de la musique vocale, et devient directeur musical du Ballet Caravan jusqu’en 1940. Il publie en outre de nombreuses critiques dans la revue Modern Music. Son style s’affermit durant les années qui suivent la Seconde guerre mondiale : ayant parfaitement assimilé les apports rythmiques de Stravinsky, Milhaud, Hindemith, Carter peut commencer à s’en écarter dans des œuvres instrumentales comme la Sonate pour piano, la Sonate pour violoncelle et piano et surtout le 1er Quatuor à cordes de 1951. Indépendance des instruments, traités comme des « protagonistes » à part entière, influence de la littérature, juxtaposition d’éléments hétérogènes, caractérisent alors son écriture. Remportant le premier prix de composition à Liège pour son quatuor en 1953, Carter acquiert une reconnaissance internationale lui permettant d’équilibrer ses activités d’enseignement dans les plus prestigieuses institutions (Queens College, Yale, Juilliard School…) avec son travail de compositeur et de critique. L’orchestre prend alors une part de plus en plus importante dans son œuvre (Variations for orchestras, A Symphony of Three Orchestras), notamment dans le genre concertant où son écriture par groupe instrumental individualisé et en évolution permanente trouve un terrain particulièrement propice (Double Concerto pour piano, clavecin et deux orchestres de chambre, Concerto pour piano, Concerto pour orchestre, Concerto pour hautbois, Concerto pour clarinette…). Retour à la voix à la fin des années 1970, rendant encore plus sensible l’influence de la littérature chez Carter (A Mirror on Which to Dwell, Syringa…), démarche qui connaitra son aboutissement avec la création en 1999 par Daniel Barenboim de What Next?, son unique opéra où les rescapés d’une catastrophe tentent progressivement de renouer les fils qui les relient. Le nonagénaire Carter est alors en pleine possession de ses moyens et ne cesse d’intensifier le rythme de sa création, abordant tous les genres avec une apparente facilité et composant jusqu’à son dernier souffle avec un bonheur et une énergie intacts.

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Elegy pour alto et piano (1943)

17e Festival de Pâques de Deauville , vendredi 10 mai 2013 Lise Berthaud Alto , Ismaël Margain piano