Concert

22ème Festival de Pâques de Deauville

du 14 au 30 avril 2018

En 1997, quatre jeunes solistes – Renaud Capuçon, Jérôme Pernoo, Nicholas Angelich et Jérôme Ducros -  fondaient le festival de Pâques de Deauville avec Yves Petit de Voize et le parrainage spontané de Maria João Pires, d’Augustin Dumay et d’Emmanuel Krivine. Dans l’écrin idéal de la salle Elie de Brignac (célèbre pour ses ventes de pur-sang) ils invitèrent à les rejoindre tout ce que la France comptait de jeunes musiciens de chambre doués et ambitieux. Du trio à l’orchestre et de la musique baroque à celle de notre époque, une centaine de jeunes instrumentistes et d’ensembles se retrouvent toujours chaque printemps à Deauville dans le même esprit d’amitié et de partage qui prévalait il y a vingt ans. Des carrières s’y sont révélées, des vocations affirmées et des ensembles s’y sont formés comme Le Cercle de l’Harmonie de Jérémie Rhorer.  « Incubateur de talents, lieu unique de rencontres et d’expérimentations » (La Tribune), le festival de Pâques de Deauville réunit toujours « tout ce qui naît ou s’affirme, avec une conception large du répertoire » (Le Monde).

samedi 28 avril 2018

Gustav Mahler 

Quatuor pour piano et cordes en la mineur (1876)


Alfred Schnittke 

Quatuor pour piano et cordes en la mineur (1988)

 

Alban Berg 

Sieben frühe Lieder pour voix et ensemble de chambre (1905-08)


Igor Stravinsky (1882-1971) / Charles Ferdinand Ramuz

L’Histoire du soldat pour clarinette, basson, cornet à piston, trombone, violon, contrebasse et percussions


Si le grand public conserve de Mahler le portrait d'un auteur de symphonies aux effectifs souvent imposants, les amateurs savent bien que ses merveilleux cycles de lieder, qui requièrent un équipage souvent plus léger, figurent parmi les chefs-d’œuvre du répertoire. En revanche, seuls quelques spécialistes connaissent son Quatuor avec piano, sa musique la moins jouée. Elle reste, il est vrai, le travail d'un apprenti compositeur de dix-sept ans, étudiant au conservatoire de Vienne. Il se réduit d'ailleurs à son premier mouvement, en lamineur, pour piano, violon, alto et violoncelle plus quelques lignes d'un scherzo. Il commence « Nicht zu schnell » (pas trop vite) par un sombre thème énoncé par la main droite du piano sur fond de triolets de la gauche, aussitôt repris par les cordes. Lui répondra un peu plus tard un thème plus souriant, esquissé par le violon. Mais l'idée initiale, marquée par la sixte mineure ascendante et la descende d'un demi-ton (la-fa-mi) domine tout le mouvement même si à mi-chemin, l'alto propose une idée secondaire. Avant la fin, le violon entame un solo tourmenté et grave. 

Mahler avait abandonné le mouvement suivant, un scherzo, ne laissant que vingt-quatre mesures en solmineur. En réponse à une commande du festival de musique de chambre de Kuhmo, en Finlande, Alfred Schnittke s'empara de cette esquisse pour la développer sur quelque six minutes de musique inquiète, voire terrifiée. Il est bien difficile de deviner à première écoute où se dissimule le matériau de base, tant Schnittke le dilue dans son propre langage, marqué de grands écarts mélodiques, de cris du violon et de puissants accords du piano. A la fin, après la tempête, après un silence, résonne enfin une mélodie au dessin romantique. La création de cette pièce de Schnittke d'après Mahler eu lieu en  juillet 1988 à Kuhmo. 

 


C'est en écrivant des dizaines de lieder qu'Alban Berg fit ses débuts de compositeur au tout début du XXsiècle. Entre 1904, quand il devient l'élève de Schoenberg, et 1908, il en aligna ainsi une cinquantaine. Les Sieben frühe Lieder datent de cette époque. Ils ne prirent ce nom de Sept Lieder de jeunesse qu'en 1928, quand Berg, qui n'avait publié quasiment aucun de ces essais, décida de les orchestrer. Il les dédia à son épouse, Hélène. Cela explique sans doute le climat à la fois serein et souvent voluptueux de cette musique clairement postromantique et lyrique qui célèbre la nature, les éléments et l'amour. Pour ce faire, Berg a choisi des poèmes de Carl Hauptmann (Nacht : Nuit), Nikolaus Lenau (Schilflied : Chant du roseau), Theodor Storm (Die Nachtigal : Le Rossignol), Rainer Maria Rilke (Traumgekrönt : Couronné de rêve), Johannes Schlaf (Im Zimmer : Dans la Chambre), Otto Erich Hartleben, la traducteur du Pierrot lunaireque Schoenberg mettra en musique (Liebesode : Ode à l'amour) et Paul Hohenberg (Sommertage : Jours d'été). Du paysage de montage au chant du rossignol en croisant un couple auprès du feu ou enivré du parfum des roses, ce cycle de sept mélodies évoque Brahms et Mahler, voire Debussy (la gamme par tons dans Nacht) plus que Wozzeckou Lulu. Nous l'entendons ce soir dans l'arrangement réalisé par le chef Reinbert de Leeuw : il réunit une flûte, une clarinette, un piano, un harmonium, deux violons, un alto, un violoncelle et une contrebasse. 

 

C'est également à un effectif réduit et original que Stravinski destine à L'Histoire du soldat. Pas par volonté esthétique mais par nécessité. Le compositeur et le grand écrivain suisse Charles-Ferdiand Ramuz (1878-1947), auteur du texte, sont réduits par le guerre à une situation financière précaire et envisagent alors une œuvre qui se satisferait d'un effectif léger, « une espèce de petit théâtre ambulant », et un ton dans l'esprit du conte populaire. La partition convoque ainsi trois acteurs, incarnant le Narrateur, Joseph et le Diable et un ensemble instrumental hétéroclite : une clarinette, un basson, un cornet à pistons, un trombone, des  percussions, un violon et une contrebasse. Les forces telluriques du Sacre du printempset l'opulence sonore des grands ballets, qui ont frappé le public juste avant la Première Guerre mondiale, semblent bien loin. Mais ce que la musique perd en densité et en décibels, elle le gagne en âpreté, en aigreur et en mobilité. Plus que jamais, le rythme, comme le Diable, mène la danse et Stravinsky n'hésite pas à flirter avec le jazz et les musiques à la mode : deux numéros de la partition s'intitulent d'ailleurs Ragtimeet Tango. Stravinsky préfère au beau son et aux savants alliages de timbres la rugosité et la confrontation de sonorités hétérogènes. Ce théâtre de tréteaux ne pouvait qu’évoluer dans des échos de bastringue. La création à Lausanne en septembre 1918 sous la direction d'Ernest Ansermet. Voici le résumé de ce conte. 

Le soldat Joseph profite de ses quinze jours de permission pour rentrer chez lui. Sur la route, il croise un étrange personnage qui lui propose contre son modeste violon un livre où est écrit l'avenir. Marché conclu. Arrivé dans son village, Joseph se rend compte que personne, pas plus sa mère que sa fiancée, ne le reconnaît. Il pensait être resté trois jours avec son étrange compagnon mais trois ans se sont écoulés. Si, grâce au livre, Joseph a gagné une fortune, il a perdu son âme et, bien sûr, son bienfaiteur n'était autre que le Diable. Le malheureux soldat espère alors retrouver son innocence. Son errance le mène dans une ville où le roi promet la main de sa fille à qui la guérira d'un mal inconnu. Joseph tente sa chance et grâce à son violon qu'il a récupéré sauve la malade. Mais quand les jeunes mariés se rendent dans le village natal de Joseph, le Diable les attend et emporte Joseph pour toujours.

 

Programme

Liste des oeuvres vide .

En 1997, quatre jeunes solistes – Renaud Capuçon, Jérôme Pernoo, Nicholas Angelich et Jérôme Ducros -  fondaient le festival de Pâques de Deauville avec Yves Petit de Voize et le parrainage spontané de Maria João Pires, d’Augustin Dumay et d’Emmanuel Krivine. Dans l’écrin idéal de la salle Elie de Brignac (célèbre pour ses ventes de pur-sang) ils invitèrent à les rejoindre tout ce que la France comptait de jeunes musiciens de chambre doués et ambitieux. Du trio à l’orchestre et de la musique baroque à celle de notre époque, une centaine de jeunes instrumentistes et d’ensembles se retrouvent toujours chaque printemps à Deauville dans le même esprit d’amitié et de partage qui prévalait il y a vingt ans. Des carrières s’y sont révélées, des vocations affirmées et des ensembles s’y sont formés comme Le Cercle de l’Harmonie de Jérémie Rhorer.  « Incubateur de talents, lieu unique de rencontres et d’expérimentations » (La Tribune), le festival de Pâques de Deauville réunit toujours « tout ce qui naît ou s’affirme, avec une conception large du répertoire » (Le Monde).

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