Concert

22ème Festival de Pâques de Deauville

du 14 au 30 avril 2018

En 1997, quatre jeunes solistes – Renaud Capuçon, Jérôme Pernoo, Nicholas Angelich et Jérôme Ducros -  fondaient le festival de Pâques de Deauville avec Yves Petit de Voize et le parrainage spontané de Maria João Pires, d’Augustin Dumay et d’Emmanuel Krivine. Dans l’écrin idéal de la salle Elie de Brignac (célèbre pour ses ventes de pur-sang) ils invitèrent à les rejoindre tout ce que la France comptait de jeunes musiciens de chambre doués et ambitieux. Du trio à l’orchestre et de la musique baroque à celle de notre époque, une centaine de jeunes instrumentistes et d’ensembles se retrouvent toujours chaque printemps à Deauville dans le même esprit d’amitié et de partage qui prévalait il y a vingt ans. Des carrières s’y sont révélées, des vocations affirmées et des ensembles s’y sont formés comme Le Cercle de l’Harmonie de Jérémie Rhorer.  « Incubateur de talents, lieu unique de rencontres et d’expérimentations » (La Tribune), le festival de Pâques de Deauville réunit toujours « tout ce qui naît ou s’affirme, avec une conception large du répertoire » (Le Monde).

samedi 14 avril 2018

Alfred Schnittke (1934-1998)

Concerto Grosso n° 1 pour deux violons, clavecin, piano préparé et cordes (1977)


Dmitri Chostakovitch (1906-1975)

Concerto n° 1 pour piano, trompette et orchestre à cordes en do mineur, opus 35



Comme son compatriote Chostakovitch, Schnittke a écrit tôt et beaucoup de musique pour le cinéma. Il y a manifestement appris l'efficacité, le sens du récit et la gestion du temps. Il sait en effet en quelques notes installer un climat, saisir l'auditeur et, le plus souvent, le ballotter sans ménagement. Schnittke aime en effet le propulser dans un labyrinthe où il avancerait à grande vitesse et les yeux bandés. Il a une recette infaillible : le polystyle, c'est-à-dire un style qui fait feu de tout bois pour incendier l'imagination du public. Ce Concerto grosso n° 1en offre une parfaite illustration et permettra de connaître Schnittke à qui le découvre. Son titre se réfère bien sûr à la musique baroque et convoque un petit groupe d'instruments face à l'orchestre. Ils sont quatre : deux violons, un piano et un clavecin, autre référence au passé. Les six mouvements regardent également en arrière (PréludeToccata,Rondo, etc) et n'hésitent pas à citer, furtivement, Vivaldi et Corelli. Mais cet hier se voit solidement bousculé par un aujourd'hui résolument moderne. Le piano est préparé : des pièces de métal et de caoutchouc se glissent entre ses cordes pour en modifier le son. Écoutez bien, c'est lui qui ouvre le concerto, tout seul. Puis les deux violonistes font crisser et grincer à l'envi leur instrument dans des passages d'une rare sauvagerie. Sans prévenir, la musique peut freiner brusquement, faire une embardée et filer dans une autre direction. Comme Mahler qu'il admirait, Schnittke ne craint pas la banalité, l'ironie grinçante (valse et tango fantomatiques), voire la vulgarité (de lourdes envolées romantiques). Ce télescopage, des styles, des genres et des époques, a souvent rencontré l'incompréhension, voire l'hostilité, de certains spécialistes de la musique contemporaine mais il fut heureusement défendu par de grands interprètes, de Kremer à Rostropovitch en passant par Rojdestvenski et le Quatuor Alban Berg. On peut pourtant se demander si ce désordre n'est pas celui de notre temps et son désarroi, celui d'un artiste malmené par le régime soviétique.

 

Chostakovitch, lui aussi, dut subir ce régime même s'il reçut de nombreux prix et autres médailles qui auraient pu le faire passer pour un compositeur officiel. Lui aussi savait surprendre et ne pas répondre correctement aux questions. Lui aussi pratiquait, quelque quarante années avec Schnittke, le collage. Son Concerto pour piano n° 1, typique de l'esthétique dadaïste des années 1930 aime bousculer l'ordre établi et additionner les pieds de nez. La trompette joue ainsi les trouble-fête et voltige comme la mouche du coche, excitant le piano et l'orchestre (à cordes) de sonorités aiguës pointues comme un dard. Elle se fait entendre dès les premières mesures, en superposition à l'entrée du piano, qui énonce le premier thème repris ensuite par les cordes. La musique s'accélère très vite, prenant des accents cocasses, sans doute comme quand Chostakovitch accompagnait les films muets. S'y bousculent en effet des souvenirs des classiques et des échos de musique populaire. Le Lentoadopte un ton plus contemplatif, soutenu par les cordes en sourdine, que viendra bientôt contrarier le piano à coups de grands traits virtuoses et tonitruants. La trompette, surprend, par son intervention doucement lyrique. Le bref Moderato, agité et faussement héroïque, sert d'intermède et prépare le déluge du finale, soufflé par le trémolo des cordes avant que le piano et la trompette ne rivalisent de virtuosité en se donnant des grands airs. C'est à qui parviendra à déstabiliser et à faire trébucher l'autre. Après un grand solo, ironique, de la trompette, le concerto s'achève par une course échevelée, où la trompette joue autant les éperons que le clairon. 

Programme

Liste des oeuvres vide .

En 1997, quatre jeunes solistes – Renaud Capuçon, Jérôme Pernoo, Nicholas Angelich et Jérôme Ducros -  fondaient le festival de Pâques de Deauville avec Yves Petit de Voize et le parrainage spontané de Maria João Pires, d’Augustin Dumay et d’Emmanuel Krivine. Dans l’écrin idéal de la salle Elie de Brignac (célèbre pour ses ventes de pur-sang) ils invitèrent à les rejoindre tout ce que la France comptait de jeunes musiciens de chambre doués et ambitieux. Du trio à l’orchestre et de la musique baroque à celle de notre époque, une centaine de jeunes instrumentistes et d’ensembles se retrouvent toujours chaque printemps à Deauville dans le même esprit d’amitié et de partage qui prévalait il y a vingt ans. Des carrières s’y sont révélées, des vocations affirmées et des ensembles s’y sont formés comme Le Cercle de l’Harmonie de Jérémie Rhorer.  « Incubateur de talents, lieu unique de rencontres et d’expérimentations » (La Tribune), le festival de Pâques de Deauville réunit toujours « tout ce qui naît ou s’affirme, avec une conception large du répertoire » (Le Monde).

Le meilleur de la musique de chambre en streaming gratuit

Music.aquarelle vous fait partager le meilleur de la musique de chambre.

Ecoutez les concerts passés ou live des festivals de Deauville

Music.aquarelle vous propose de voir, revoir ou réécouter gratuitement les meilleurs concerts de musique classique en streaming. Enregistrés lors des célèbres ‘Festival de Pâques’ et ‘Août Musical’, organisés tous les ans à Deauville depuis 1996, ces concerts sont interprétés par de jeunes musiciens talentueux et les meilleurs artistes de la scène classique internationale. Ils jouent les plus belles œuvres de vos compositeurs préférés de musique classique, mais aussi des œuvres plus rares à découvrir absolument.

Créez vos playlists pour réécouter vos interprètes préférés

Ecoutez les derniers enregistrements de nos orchestres et interprètes en streaming live ou recherchez dans nos archives afin de créer des playlists personnalisées. Music.aquarelle est une station de web-radio qui vous permet d’écouter gratuitement vos pistes préférées en ligne, enregistrées dans les meilleures conditions grâce à des technologies de pointe.