Concert

16ème Août musical de Deauville

du 29 juillet au 12 août 2017

C'est pour lire et jouer plus de musique encore que les musiciens du festival de Pâques décidèrent, en 2002, de créer l'Août musical de Deauville ; et surtout pour y rencontrer leurs cadets les plus prometteurs dans des concerts où alternent solos instrumentaux et œuvres de musique de chambre les plus diverses, de la période classique à la musique de notre temps.

vendredi 04 août 2017

Maurice Ravel (1875-1937)

Trio pour violon, violoncelle et piano (1914)

 

« Malgré le beau temps, voici trois semaines que le trio n'avance pas et me dégoûte. Mais aujourd'hui, je me suis avisé qu'il n'était pas aussi nauséabond… et le carburateur est réparé » écrit Maurice Ravel depuis Saint-Jean-de-Luz. Compositeur reconnu grâce quelques merveilles orchestrales telles Daphnis et Chloé ou Ma Mère l'oye, il semble traverser une crise d'inspiration en cette année 1914. Il n'a rien écrit depuis les Trois poèmes de Mallarmé l'an passé. Aucun signe ne permet pourtant de détecter une quelconque panne ou problème mécanique dans son trio. Débuté en avril, il sera achevé fin août alors que la France avait décrété la mobilisation générale quatre semaines auparavant. Ravel avait voulu le terminer « avant de [s']aller engager ».

Si la rumeur de la guerre ne se perçoit pas dans le premier mouvement, modéré, elle cède la place à des inspirations basques marquées par des mesures irrégulières (8/8 qui se décompose en 3+2+3). Cette même année, Ravel avait essayé de composer un concerto pour piano Zagpiak-bat (allusion aussi sept provinces historiques du pays) sur thèmes populaires. Le piano introduit un thème mystérieux, presque résigné, que reprennent aussitôt à l'unisson les deux archets. Après une accélération des événements le violon puis le violoncelle et le piano font entendre la seconde idée principale, onirique, qui semble cueillie dans le Jardin féérique de Ma Mère l'oye. Malgré son titre, le deuxième mouvement ne suit pas rigoureusement la règle du pantoum, figure stylistique venue de Malaisie, reprise par Victor Hugo et Baudelaire, qui fait glisser les deuxièmes et quatrièmes vers d'une strophe à la première et troisième place de la suivante (ABCD, BEDF, EGFH, etc). Il présente un scherzo vigoureux et animé (assez vif indique Ravel) volontiers malicieux, organisé autour de trois idées. Ravel poursuit son exploration des formes éloignées, dans le temps et dans l'espace : il assujettit son troisième mouvement à la grave rigueur de la passacaille (très large), cette danse lente développée sur une basse obstinée qui apparaissait dans les tragédies lyriques de Jean-Baptiste Lully ou le clavecin de Louis Couperin. Le piano en trace la ligne descendante sur laquelle s'engagent aussitôt le violoncelle et le violon dans un même geste solennel. Doit-on y entendre la déploration des morts à venir comme dans le sombre Concerto pour la main gauche ? Ravel avoua avoir « traité [son trio] en œuvre posthume ». Le finale chasse pourtant les nuages par le déhanchement de ses mesures irrégulières (5/4 et 7/4) comme dans le premier mouvement et la virtuosité qu'il demande à chacun des trois interprètes. 

 

 

Johann Sebastian Bach (1685-1750)

Suite pour violoncelle n° 2 BWV 1008

 

Suite c'est-à-dire succession. Inventée à l'époque baroque comme la sonate, le concerto et l'opéra, la suite additionne donc plusieurs pièces de même essence, chorégraphique en l'occurrence. La suite est donc une collection de danses. Elle ne se destine pas à animer le bal mais elle adopte les caractéristiques rythmiques des danses (rythme, tempo) dans un geste musical stylisé. L'allemande, la courante, la sarabande et la gigue sont le plus souvent convoquées dans un mouvement à forme binaire (deux parties reprises à l'identique) et une suite qui se caractérise par son unité tonale (on reste dans le même ton). C'est d'abord au luth et au clavecin que sont confiées les premières suites avant d'en diversifier la destination.

Bach composa six suites pour violoncelle alors qu'il était, entre 1717 et 1723, au service du prince Léopold d'Anhalt-Köthen (actuellement dans le land de Saxe-Anhalt). Cette époque se montre particulièrement favorable à la musique de chambre : les six sonates et partitas pour violon (la partita est un synonyme de la suite), les concertos brandebourgeois, le premier livre du Clavier bien tempéré, les suites anglaises, les suites françaises, les suites pour orchestre. La composition et la destination exactes des suites pour violoncelle restent cependant inconnues. Le manuscrit original a disparu et la musique subsiste grâce à plusieurs copies. S’il n’est pas le premier à composer pour cet instrument seul (les Italiens Giovanni Batista Antonii et Giovanni Gabrieli l’avaient précédé à la fin du siècle précédent), il reste le seul à en avoir autant exploité les possibilités. Leur originalité doit autant à l’esprit de synthèse du compositeur qu’à sa connaissance technique. Le sens de la polyphonie allemand, le lyrisme et l’élan rythmique italiens, l’ornementation et le sens chorégraphique français s’unissent dans les cordes d’un instrument jusque lors relégué à la seule basse continue. Bach métamorphose une basse anonyme uniquement employée pour marquer les temps et accompagner une mélodie en un baryton-ténor soliste. Instrument mélodique par essence, obligé de jouer une note (parfois deux, rarement trois) à la fois, le violoncelle ouvre des perspectives spatiales et harmoniques inouïes : il disperse sur des lignes horizontales des notes habituellement appelées à s’empiler en accords verticaux. Le son se démultiplie et donne l’impression de se déployer sur plusieurs niveaux, superposant deux voies, une principale « en haut » et son soutien « en bas », résonance naturelle d’un instrument grave.

Dans chacune de ces suite, Bach conserve les quatre danses de base de la suite (allemande, courante, sarabande et gigue, toujours placée à la fin), y ajoute un prélude en guise d’introduction et des danses « modernes » françaises galantes (menuet, bourrée, gavotte) en deux parties (souvent opposition majeur-mineur). La suite n° 2, en mineur, choisit ainsi deux menuets (le second est en ré majeur).

Programme

Maurice Ravel (1875-1837) , Trio pour violon, violoncelle et piano en la mineur (1914)

16ème Août musical de Deauville - du 29 juillet au 12 août 2017

Guillaume Vincent piano , Yan Levionnois Violoncelle , Omer Bouchez Violon

C'est pour lire et jouer plus de musique encore que les musiciens du festival de Pâques décidèrent, en 2002, de créer l'Août musical de Deauville ; et surtout pour y rencontrer leurs cadets les plus prometteurs dans des concerts où alternent solos instrumentaux et œuvres de musique de chambre les plus diverses, de la période classique à la musique de notre temps.

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