Concert

19e Festival de Pâques de Deauville

du 18 avril au 2 mai 2015

En 1997, quatre jeunes solistes – Renaud Capuçon, Jérôme Pernoo, Nicholas Angelich et Jérôme Ducros -  fondaient le festival de Pâques de Deauville avec Yves Petit de Voize et le parrainage spontané de Maria João Pires, d’Augustin Dumay et d’Emmanuel Krivine. Dans l’écrin idéal de la salle Elie de Brignac (célèbre pour ses ventes de pur-sang) ils invitèrent à les rejoindre tout ce que la France comptait de jeunes musiciens de chambre doués et ambitieux. Du trio à l’orchestre et de la musique baroque à celle de notre époque, une centaine de jeunes instrumentistes et d’ensembles se retrouvent toujours chaque printemps à Deauville dans le même esprit d’amitié et de partage qui prévalait il y a vingt ans. Des carrières s’y sont révélées, des vocations affirmées et des ensembles s’y sont formés comme Le Cercle de l’Harmonie de Jérémie Rhorer.  « Incubateur de talents, lieu unique de rencontres et d’expérimentations » (La Tribune), le festival de Pâques de Deauville réunit toujours « tout ce qui naît ou s’affirme, avec une conception large du répertoire » (Le Monde).

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vendredi 01 mai 2015

 La musique de chambre à son plus haut niveau pour ce concert du vendredi 1er mai 2015. L’affiche est belle et réunit Nicholas Angelich, l’un des fondateurs du festival de Pâques et un pianiste que l’on ne présente plus, et les membres du quatuor Strada, un ensemble formé seulement en 2013 mais composé de quatre musiciens de grand talent, en l’occurrence Pierre Fouchenneret, Sarah Nemtanu, Lise Berthaud et François Salque. Ces quatre-là se connaissent depuis longtemps, s’apprécient et s’estiment, et leurs retrouvailles en musique de chambre pour aborder les plus grands quatuors du répertoire allaient presque de soi.

Cinq musiciens d’exception et le grand Quintette avec piano de Brahms au programme, une des œuvres les plus accomplies et les plus appréciées de la musique de chambre, voilà une association qui promet de faire quelques étincelles. Vérification faite dès le début du sombre Allegro non troppo du premier mouvement qui crie, grogne, pleure et attendrit tour à tour. La lune de miel se poursuit jusqu’aux dernières mesures du finale, où tout le génie du Brahms héritier de Beethoven se manifeste.


Le quintette de Brahms figure parmi les favoris du répertoire. Cette pièce ardente et enthousiaste a même dû ouvrir à des générations de mélomanes la porte vers l'extraordinaire musique de chambre de Brahms. Le compositeur, qui n'a pas encore trente ans, en envisage l'écriture d'abord sous forme d'un quintette à cordes puis d'une sonate pour deux pianos (comme son concerto pour piano n°1) avant de lui donner sa forme définitive sur les conseils de la pianiste Clara Schumann et du violoniste Joseph Joachim. Cette musique puissante, d'ampleur et de souffle symphoniques (presque trois quarts d'heure) s'ouvre par un motif inoubliable énoncé d'une même voix par le premier violon, le violoncelle et les deux mains en parallèle du pianiste : il tournoie autour de la tonique, fa, et se repose comme il se doit sur la dominante, do. Gonflés d'une énergie alors insoupçonnée, les instruments s'élancent dans une course obstinée balisée par les notes longues des cordes tandis que le piano déroule des guirlandes de doubles croches. Après une brève transition apparaît la deuxième idée aux deux violons et à la main droite du piano pendant que la gauche répète ses triolets sur une seconde mineure. Une dégringolade de quatre notes au piano annonce l'arrivée de la troisième idée en arche (montée puis descente) des deux violons avant une lignée plus hachée, interrompue par des soupirs. Le développement abandonnera cette dernière, reprise dans la rééxposition. L'Andante, un poco adagio contraste par sa douceur et, surtout, son dessin mélodique beaucoup moins affirmé, esquissé par le premier violon et l'alto et ponctué des pizzicatos du violoncelle. C'est ce dernier qui marque le temps (deux par mesure) dans l'introduction menaçante du Scherzo à la vigueur toute beethovénienne. La partie centrale, le trio, en ut majeur, est également héroïque, confiée au piano qu'accompagne le violoncelle d'un mouvement obstiné (deux croches-une noire). L'inspiration apparemment inépuisable de Brahms qui n'a cessé d'additionner les motifs et cellules dans les trois mouvements se confirme dans un finale étourdissant à la forme complexe en trois parties. Il s'ouvre par une introduction lente et mystérieuse, accédant peu à peu à la lumière par une lente progression chromatique. Puis le violoncelle oriente la musique vers un Allegro non troppo aux accents populaires. Viendront ensuite un sujet un peu douloureux, comme une prière, exposé par les cordes seules, un autre d'une énergie irrésistible puis un dernier d'une grande délicatesse. Comme si cela ne suffisait pas, Brahms ajoute, après la répétition et une accalmie passagère, un Presto non troppo organisé autour deux idées nouvelles présentées l'une aux violons, l'autre par tous les instruments. Brahms s'échappe de ce labyrinthe musical par une formule lapidaire marquée par la descente des cordes et les accords plaqués du piano.

Programme

Liste des oeuvres vide .

En 1997, quatre jeunes solistes – Renaud Capuçon, Jérôme Pernoo, Nicholas Angelich et Jérôme Ducros -  fondaient le festival de Pâques de Deauville avec Yves Petit de Voize et le parrainage spontané de Maria João Pires, d’Augustin Dumay et d’Emmanuel Krivine. Dans l’écrin idéal de la salle Elie de Brignac (célèbre pour ses ventes de pur-sang) ils invitèrent à les rejoindre tout ce que la France comptait de jeunes musiciens de chambre doués et ambitieux. Du trio à l’orchestre et de la musique baroque à celle de notre époque, une centaine de jeunes instrumentistes et d’ensembles se retrouvent toujours chaque printemps à Deauville dans le même esprit d’amitié et de partage qui prévalait il y a vingt ans. Des carrières s’y sont révélées, des vocations affirmées et des ensembles s’y sont formés comme Le Cercle de l’Harmonie de Jérémie Rhorer.  « Incubateur de talents, lieu unique de rencontres et d’expérimentations » (La Tribune), le festival de Pâques de Deauville réunit toujours « tout ce qui naît ou s’affirme, avec une conception large du répertoire » (Le Monde).

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