Concert

16e Festival de Pâques de Deauville

du 14 au 29 avril 2012

En 1997, quatre jeunes solistes – Renaud Capuçon, Jérôme Pernoo, Nicholas Angelich et Jérôme Ducros -  fondaient le festival de Pâques de Deauville avec Yves Petit de Voize et le parrainage spontané de Maria João Pires, d’Augustin Dumay et d’Emmanuel Krivine. Dans l’écrin idéal de la salle Elie de Brignac (célèbre pour ses ventes de pur-sang) ils invitèrent à les rejoindre tout ce que la France comptait de jeunes musiciens de chambre doués et ambitieux. Du trio à l’orchestre et de la musique baroque à celle de notre époque, une centaine de jeunes instrumentistes et d’ensembles se retrouvent toujours chaque printemps à Deauville dans le même esprit d’amitié et de partage qui prévalait il y a vingt ans. Des carrières s’y sont révélées, des vocations affirmées et des ensembles s’y sont formés comme Le Cercle de l’Harmonie de Jérémie Rhorer.  « Incubateur de talents, lieu unique de rencontres et d’expérimentations » (La Tribune), le festival de Pâques de Deauville réunit toujours « tout ce qui naît ou s’affirme, avec une conception large du répertoire » (Le Monde).

jeudi 26 avril 2012

 Jeudi 26 avril 2012 : un programme tout Schubert et tout entier à la gloire de Renaud Capuçon, fidèle du festival depuis sa création et digne représentant de l’école française de violon aux quatre coins du monde, avec le grand Octuor pour cordes et vents D803.

C’est un concerto pour violon déguisé, et il faut une endurance folle pour tenir tout au long de ses six mouvements pendant plus d’une heure de musique. Mission remplie fièrement et haut-la-main par notre valeureux Renaud, mais bien aidé par des partenaires de choix : David Kadouch dans la Fantaisie, pianiste toujours à l’écoute, et un orchestre de solistes de classe mondiale dans l’Octuor, comme Lise Berthaud à l’alto ou Jérôme Comte à la clarinette.

Après avoir terminé le cycle La Belle Meunière en 1823, Schubert quitte momentanément l'univers du lied pour se consacrer à la musique de chambre. En plus de l'Octuor D 803, il rédige en effet les quatuors à cordes dits Rosamonde et La Jeune fille et la mort, ainsi que la Sonate pour arpeggione. Cet élan vers l'instrument ne répond pas toujours au besoin impérieux du créateur mais parfois, plus prosaïquement, à une commande. Ce fut le cas pour l'octuor, demandé par le comte Ferdinand Troyer, clarinettiste amateur au service de l'archiduc Rodolphe, le prestigieux élève de Beethoven. C'est d'ailleurs sur les pas de son illustre aîné que Schubert devait aller, faisant écho à son septuor alors très célèbre. Il y ajoute un second violon qui porte l'effectif à huit : une clarinette, un basson, un cor, deux violons, un alto, un violoncelle et une contrebasse. La partition devait donc se ranger dans cette immense collection de Hausmusik, musique domestique que prisaient la bourgeoisie et l'aristocratie viennoises. Cet octuor prend des dimensions symphoniques même s'il se divise en six mouvements comme le septuor de Beethoven. Son humeur « globalement positive » contraste avec les compositions voisines et ne laisse pas deviner les déceptions de son auteur qui ne parvient pas à se faire connaître comme compositeur d'opéras et qui se sait condamné par la syphilis. Le premier mouvement s'ouvre par une introduction lente, héritage probable des symphonies de Haydn. Les vents et la contrebasse tiennent la tonique (fa) sur laquelle les vents font discrètement glisser une mélodie hésitante en rythmes pointés que reprend partiellement le vigoureux Allegro énoncé par une fanfare à l'unisson. La seconde idée est présentée par la clarinette et est également caractérisée par une alternance de notes régulières et irrégulières (pointées) et un saut de sixte mineure. La clarinette, très sollicitée et très exposée dans cet octuor, présente le thème principal de l'Adagio, qui par son doux balancement à 6/8 (une berceuse ?) évoque certains divertimenti de Mozart. Comme chez ce dernier, le sentiment douloureux peut poindre subitement : la fin, annoncée par un pizzicato inattendu du violoncelle et de la contrebasse invite la clarinette à emprunter une voie accidentée. L'Allegro vivace, propulsé par une anacrouse (levée) à l'unisson des cinq cordes, balaie ces nuages et fait entendre une mélodie insouciante qui met à nouveau la clarinette à découvert et reste parcouru par une figure rythmique (noire pointée, croche, noire) répétée jusqu'à l'obstination. Le trio central est dominé par une mélodie infinie en notes conjointes du violoncelle. L'Andante s'organise sur un thème charmant, presque narquois, issu d'un Singspiel de Schubert, réservé d'abord au violon puis distribué à l'ensemble des participants à travers une série de variations. Le menuet se construit sur un jeu de questions (les cordes) et de réponses (les bois) teinté d'une certaine mélancolie qui nous mène bien loin de l'univers de la danse. Le trio central bouscule, par sa rusticité exprimée au basson, cette élégante conversation. Le finale semble faire pendant au premier mouvement par son Allegro précédé d'une introduction lente. Mais le climat de cet Andante molto, zébré de trémolos des cordes et obscurcit par une tonalité mineure, évoque le romantisme sombre des toiles de Friedrich, des opéras de Weber ou du quatuor D 887 de Schubert. Le climat de divertissement que réclame une telle commande reprend vite le dessus et présente deux idées mélodiques légères et insouciantes. Malgré une nouvelle menace de l'orage introductif, l'octuor s'achève par un accelerando dans un fortissimo triomphal et solaire.

Programme

Franz Schubert (1797-1828) , Octuor pour cordes et vents en fa majeur D. 803

16e Festival de Pâques de Deauville - du 14 au 29 avril 2012

Yann Dubost Contrebasse , Jérôme Comte clarinette , Julien Hardy basson , Renaud Capuçon Violon , Victor Julien-Laferrière Violoncelle , Lise Berthaud Alto , Mi-Sa Yang Violon Jérôme Pernoo Violoncelle ,

En 1997, quatre jeunes solistes – Renaud Capuçon, Jérôme Pernoo, Nicholas Angelich et Jérôme Ducros -  fondaient le festival de Pâques de Deauville avec Yves Petit de Voize et le parrainage spontané de Maria João Pires, d’Augustin Dumay et d’Emmanuel Krivine. Dans l’écrin idéal de la salle Elie de Brignac (célèbre pour ses ventes de pur-sang) ils invitèrent à les rejoindre tout ce que la France comptait de jeunes musiciens de chambre doués et ambitieux. Du trio à l’orchestre et de la musique baroque à celle de notre époque, une centaine de jeunes instrumentistes et d’ensembles se retrouvent toujours chaque printemps à Deauville dans le même esprit d’amitié et de partage qui prévalait il y a vingt ans. Des carrières s’y sont révélées, des vocations affirmées et des ensembles s’y sont formés comme Le Cercle de l’Harmonie de Jérémie Rhorer.  « Incubateur de talents, lieu unique de rencontres et d’expérimentations » (La Tribune), le festival de Pâques de Deauville réunit toujours « tout ce qui naît ou s’affirme, avec une conception large du répertoire » (Le Monde).

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