Concert

18e Festival de Pâques de Deauville

du 19 avril au 3 mai 2014

En 1997, quatre jeunes solistes – Renaud Capuçon, Jérôme Pernoo, Nicholas Angelich et Jérôme Ducros -  fondaient le festival de Pâques de Deauville avec Yves Petit de Voize et le parrainage spontané de Maria João Pires, d’Augustin Dumay et d’Emmanuel Krivine. Dans l’écrin idéal de la salle Elie de Brignac (célèbre pour ses ventes de pur-sang) ils invitèrent à les rejoindre tout ce que la France comptait de jeunes musiciens de chambre doués et ambitieux. Du trio à l’orchestre et de la musique baroque à celle de notre époque, une centaine de jeunes instrumentistes et d’ensembles se retrouvent toujours chaque printemps à Deauville dans le même esprit d’amitié et de partage qui prévalait il y a vingt ans. Des carrières s’y sont révélées, des vocations affirmées et des ensembles s’y sont formés comme Le Cercle de l’Harmonie de Jérémie Rhorer.  « Incubateur de talents, lieu unique de rencontres et d’expérimentations » (La Tribune), le festival de Pâques de Deauville réunit toujours « tout ce qui naît ou s’affirme, avec une conception large du répertoire » (Le Monde).

vendredi 25 avril 2014

Mozart en majesté pour ce concert du 25 avril 2014 ! Au cœur du 18e Festival de Pâques de Deauville, le quatuor Ebène, une des plus fidèles formations de la manifestation, prouvait que leur excellence en terres mozartiennes était justifiée et que les récompenses reçues pour leur disque réunissant les Quatuors K 421 et K 465 en 2011 ne devaient rien au hasard. Pour ce concert, les quatre garçons reprenaient d’ailleurs le lumineux Divertimento K 138 qui figurait au programme du disque en question. Entre le quatuor à cordes et la symphonie, l’œuvre rappelle les années de formation du jeune Mozart, encore ébloui par le soleil et les leçons de l’Italie lors de son retour à Salzbourg en 1772. Quinze ans plus tard, Mozart écrit peut-être ses deux œuvres de musique de chambre les plus accomplies et ambitieuses en complétant le quatuor à cordes traditionnel par un second alto.

Le diptyque composé du Quintette en ut majeur K 515 et du Quintette en sol mineur K 516 offre en effet un parfait exemple du style de Mozart en sa maturité. Poignant, tendu, souvent désespéré, le K 516 est le versant sombre du K 515 et nous rappelle les affinités du compositeur pour la tonalité de sol mineur qui verra naître notamment les Symphonies n°25 et n°40 et le Quatuor avec piano K 478.

Logiquement placé en ouverture pour sa brièveté dynamique et son optimisme communicatif, le divertimento K.138 est, comme ses deux frères K.136 et K.137, l'œuvre d'un Mozart de seize ans, de retour à Salzbourg après plusieurs semaines passées à Milan. Peut-être faut-il entendre dans cette musique ensoleillée et vigoureuse l'influence italienne. L'Allegro débute par un simple arpège ascendant à l'unisson auquel répond un bref motif en notes pointées mais le vrai thème arrive tout juste après, confié au premier violon qui aura un rôle de soliste, les trois instruments, le violoncelle notamment cantonné aux croches répétées, l'accompagnant. Après la reprise, un second thème se fait entendre à la dominante, plus étale, toujours au premier violon. C'est toujours lui qui mène l'Andante également en deux parties avec reprises qui dépasse le pur premier degré pour mener vers des zones plus secrètes. Cela n'aura qu'un temps car le finale repart de plus belle sur un presto virtuose et enjoué où le premier violon cède parfois son rang. Le quintette K.516 voit le jour au même moment que le K.515, au printemps 1787. Mais ces deux jumeaux ont un caractère clairement antagonistes : à la lumière du K.515 s'oppose l'angoisse enténébrée du K.516. Il a choisi pour l'exprimer la tonalité de sol mineur, confidente favorite de ses états d'âme douloureux (la symphonie n°40, par exemple). Les huit première mesures entraînent d'emblée l'auditeur au centre du drame : à un accord mineur arpégé suit une réponse incertaine, heurtée de chromatisme, pendant que le second violon et le premier alto égrènent régulièrement leurs croches. Simple mais très efficace. Même procédé avec le premier alto soutenu par le second et le violoncelle. Après la reprise et une question trois fois posée par le premier violon, le violoncelle introduit le développement, très tourmenté, à partir du thème principal. Et il ne faut pas compter sur le menuet pour dissiper d'une main légère les nuages. Il reste obstinément ancré dans le sol (mineur) et n'hésite pas à frapper du pied, même les temps faibles, d'un forte. Le trio, la partie centrale, laissera enfin laisser filtrer la lumière. Moins rude mais désolé et mélancolique, l'Adagio ma non troppo, ne pourra pas longtemps tenir sa tonalité majeure, celle du premier sujet ; le second repart très vite vers le mineur. Cette longue méditation, trouée de nombreux silences comme pour mieux marquer la solitude, est portée par des instruments munis de sourdines : la douleur doit rester discrète. Discrète mais certainement pas brève. C'est pour un sombre Adagio, à nouveau en sol mineur, que s'ouvre le Finale : le premier violon semble restituer les confidences d'un égaré. Mais à cet abattement (une dégringolade du premier violon) succède enfin un Allegro en sol majeur dansant à 6/8 mené par le premier violon.

Programme

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) , Quintette à cordes n°3 en sol mineur K.516

18e Festival de Pâques de Deauville - du 19 avril au 3 mai 2014

Adrien La Marca Alto , Quatuor Ebène ensemble

En 1997, quatre jeunes solistes – Renaud Capuçon, Jérôme Pernoo, Nicholas Angelich et Jérôme Ducros -  fondaient le festival de Pâques de Deauville avec Yves Petit de Voize et le parrainage spontané de Maria João Pires, d’Augustin Dumay et d’Emmanuel Krivine. Dans l’écrin idéal de la salle Elie de Brignac (célèbre pour ses ventes de pur-sang) ils invitèrent à les rejoindre tout ce que la France comptait de jeunes musiciens de chambre doués et ambitieux. Du trio à l’orchestre et de la musique baroque à celle de notre époque, une centaine de jeunes instrumentistes et d’ensembles se retrouvent toujours chaque printemps à Deauville dans le même esprit d’amitié et de partage qui prévalait il y a vingt ans. Des carrières s’y sont révélées, des vocations affirmées et des ensembles s’y sont formés comme Le Cercle de l’Harmonie de Jérémie Rhorer.  « Incubateur de talents, lieu unique de rencontres et d’expérimentations » (La Tribune), le festival de Pâques de Deauville réunit toujours « tout ce qui naît ou s’affirme, avec une conception large du répertoire » (Le Monde).

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